Deuzeffe pose (encore) des questions

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lundi 25 mai 2009

Est-ce si vrai ?

Le Prince n'a plus d'autre soutien que la peur qu'il inspire quand sa vue n'excite plus dans le peuple que la haine et le mépris.

Julien Coupat, Le Monde, 23 mai 2009.

mardi 7 avril 2009

On ne peut vraiment pas ?

On ne peut pas gouverner sans une adhésion minimale du peuple.

(Pascal Binczak, président de l’Université Paris-8, 6 avril 2009, sur {sciences²}

dimanche 22 février 2009

Indépendance ?

__Déclaration d'indépendance des universités__

Préambule :

Il n'y a pas de contraintes supérieures en force à celles que l'esprit humain, qui les a toutes inventées, exerce sur lui-même sous la forme de la pensée. La pensée la plus puissante, c'est la plus exigeante. Vérité et création, beauté et justice, raison et déraison, arts et sciences, techniques et métiers, ne sont que quelques-uns des noms que les hommes ont donnés à cette exigence. Toutes les disciplines appelées à en assurer l'inquiétante existence en sont autant d'expressions. Tout pouvoir, politique, religieux ou économique, qui refuserait de se soumettre à cette exigence est voué à dépérir. Considérant que cette exigence et les conditions de son exercice n'ont pas à disparaître ni à s'effacer avec les pouvoirs qui s'en servent en prétendant les servir, nous, qui avons participé d'une façon ou d'une autre à l'exercice de ces droits et devoirs universels de la pensée, à ce travail qui s'il n'arrive pas toujours à se faire en commun ne saurait s'accomplir que sous les formes de gestes faits en public, avons entrepris d'énoncer les points d'intransigeance auxquels cette exigence nous contraint.

Article premier : L'indépendance de la pensée consiste à pouvoir expérimenter sous leurs déterminations propres les enchaînements de connaissance producteurs d'œuvres et de savoirs. Ainsi l'exercice de cette indépendance n'a de bornes que celles qui en assurent aux autres la possibilité d'en éprouver, attester, évaluer la validité. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par une communauté d'égaux autour de l'indépendance de la pensée.

Article II : Tout homme et toute femme possède en toutes circonstances un droit imprescriptible à vérifier l'égalité de son intelligence avec celle de tout autre.

Article III : Parmi les centres d'enseignement, de recherche et de création, seuls ceux dont les dispositions ont pour but supérieur de rendre effectifs ces principes s'appellent université.

Article IV : L'indépendance de la pensée est partagée entre tous ceux qu'elle engage dans une recherche, un enseignement ou des études. Elle doit être la même pour tous, quels que soient leur place dans l'université, leur provenance nationale ou sociale, leur appartenance confessionnelle et ethnique, leur âge et leur identité sexuelle.

Article V : L'université définit un espace qui interrompt la continuité avec les espaces où l'ordre est assuré par les forces publiques. La présence des forces de l'ordre n'y est légitime que lorsqu'elle concourt à l'exercice de la pensée libre.

Article VI : Quiconque s'engage et contribue à la recherche, l'enseignement ou l'étude doit pouvoir expérimenter une pensée critique sans faire l'objet d'aucune censure, répression, ou inquisition.

Article VII : La libre circulation des pensées et des savoirs repose sur un droit inconditionné d'accéder à tous les moyens et sources de la connaissance. Nulle censure ne saurait restreindre les sources mobilisées pour sa mise en œuvre.

Article VIII : La valeur d'une pensée ordonnée à la contrainte du vrai repose sur les seules exigences qu'elle doit aux protocoles de sa mise à l'épreuve : son évaluation dans l'université revient à ceux qui portent cette exigence dans la recherche, l'enseignement et l'étude. Elle est publique et contradictoire.

Article IX : La mission de l'université est une mission publique. Comme telle, elle doit être garantie.

Article X : La politique scientifique est commandée par la seule production des œuvres et des outils de la connaissance. Nulle contrainte de retour sur investissement ne peut déterminer le cours de cette activité ni la hauteur des financements qu'elle réclame. Il appartient à la puissance publique d'en garantir l'autonomie.

Article XI : Nulle personne désireuse de poursuivre des études ne doit être contrainte à y renoncer pour des raisons d'organisation financière de l'université. A fortiori elle ne peut être obligée d'hypothéquer tout ou partie de sa vie, ni d'accepter des atteintes à sa dignité.

Article XII : Toute société, tout Etat, qui contreviendrait à ces principes, est réputé ne pas avoir d'université.

Article XIII : Toute université désireuse d'appliquer ces principes possède un droit à se placer sous la protection élargie d'autres universités et d'organismes internationaux. Toute université signataire de cette déclaration s'engage à apporter son soutien à qui le lui demande, sur la base des principes énoncés.

Groupe XVII

vendredi 20 février 2009

Gagner plus si travailler plus ?

Actuellement, dès que ma charge de travail dépasse le quota qui m'est imposé, j'ai le droit[1] de me faire payer le dépassement[2].

Demain, peut-être[3], je n'aurai plus le droit de demander cette rémunération complémentaire.

Je n'ai jamais cru à ce slogan de campagne[4]. Mais là ! Et ne croyez pas que ça ne concerne que quelques dizaines de travailleurs : "seulement" 70 000 personnes.

Notes

[1] que je n'exerce pas forcément pour 100% des dépassements

[2] rémunération qui, entre nous soit-dit, n'est pas supplémentaire mais complémentaire car, jamais au grand jamais, elle n'a été chargée...

[3] si Marie-Chantal ne comprend pas où est son intérêt...

[4] puisque justement, c'est un slogan de campagne...

lundi 17 novembre 2008

Et après ?

Avant, il était libéral. Puis il a été marxiste[1]. Il est ensuite devenu keynésien[2]. Puis il s'est découvert pragmatique[3]. Il se voit maintenant en Maître du monde[4]. Et après[5] ?

Notes

[1] sissi, regardez bien, la suppression du salariat, la généralisation de l'entrepreunariat surtout individuel, c'est du marxisme, du vrai. Vous n'avez qu'à (re)lire Le Capital pour y (re)trouver le concept

[2] pas étonnant, son conseiller en est un, forcené, même

[3] surprenant, de la part d'un homme (pique féministe volontaire et revendiquée)

[4] cf le JDD du 16/11/08

[5] à part les environs

Pas de protectionnisme ? Vraiment pas ?

À l'issue du rassemblement des 20 pays les plus civilisés hum puissants économiquement, une déclaration[1] a été publiée (je n'ai lu que la version française). On y lit (page 17 de la dite version) :
Nous soulignons combien il est vital de rejeter le protectionnisme et ne pas nous replier sur nous-mêmes

Je sais bien que le terme protectionnisme est réservé à la sphère économique et qu'en termes vulgaires [2], il signifie tout simplement Ne pas fermer les fontières.

Ne pas fermer les frontières. Ca ne vous rappelle rien ? Réfléchissez un peu... Oui, c'est bien ce que réclament les opposants à la politique d'immigration actuelle de la France et de la Communauté Européenne. Donc, en toute logique politique[3], on ne devrait pas fermer les frontières de l'Europe aux migrants.

Sauf que, sauf qu'on lit, toujours dans la même déclaration :
nous nous abstiendrons d’ériger de nouvelles barrières à l’investissement ou au commerce des biens et des services,[4]. Raté, ça ne s'applique pas aux personnes.

Pas de protectionnisme, non. Sauf envers les humains. Beurk !

Notes

[1] de principe ?

[2] NB : du peuple

[3] oui, je sais...

[4] on remarquera, au passage, qu'il ne s'agit pas d'abattre les anciennes : les protectionnismes économiques divers et variés déjà existants n'ont pas de souci à se faire

mercredi 4 juin 2008

Péril Jaune ? Oui mais pas celui que l'on croit.

"Et pourtant elle tourne", France-Inter, 4 juin 2008 - Qu'y a-t-il dans la tête des jeunes Chinois ? - Emission consacrée aux 200 millions de jeunes chinois, nés dans les années 80, enfants uniques suite à la mise en place de la politique du même nom dans les années 70, enfants rois mais contraints. Entretien avec un jeune chinois qui fait du shoping (une fois par semaine, en fin de semaine, justement) :

  • Et pourquoi faites-vous du shoping ?
  • Parce qu'après le travail, il y a la vie. Et le shoping fait partie de la vie.

Parce qu'après le travail, il y a la vie.

mardi 3 juin 2008

Une question de micercle

Pour une fois, deuzeffe a répondu à une question :

  • micercle : Pourquoi on se démène pour secourir les victimes des tsunami et autres tremblements de terre, et pas pour les naufragés des subprimes ?
  • deuzeffe : Parce que les subprimes ne sont pas des catastrophes naturelles.

C'est quoi le prix du pétrole, déjà ?

Bon, j'y comprends plus rien.

Il y a une semaine, le prix du gas-oil, à la pompe où je me sers, était à 1,409 euros le litre ; deux jours après, à 1,429 et aujourd'hui à 1,395 (alors que le prix de l'essence a constamment augmenté pendant la même période). Pendant ce temps, le prix du baril de pétrole augmentait ainsi que le dollar.

  • Les raffineries ont réussi à augmenter leur production de gas-oil au détriment de celle de l'essence ?
  • Mon fournisseur a trouvé un nouveau filon ?
  • On se fout de nous ?

Au cours d'aujourd'hui du pétrole et du dollar, le litre de pétrole brut est aux environs de 0,51656 euros. Si on prend une moyenne des carburants à 1,50 euros le litre, ça ne fait jamais qu'une "culbute" de trois : on a vu pire pour d'autres produits dans d'autres commerces... Et puis, ce n'est pas le pétrole extrait hier, qui s'est retrouvé à ma pompe aujourd'hui. Faut pas oublier que l'achat se fait plusieurs semaines à plusieurs mois avant la livraison (non, ce n'est pas du marché à terme, malgré les apparences).

Au fait, le pétrole coté représente 60% de la production mondiale. Ou bien 25%. Ca dépend des sources... On voudrait faire compliqué, qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Finalement, cette augmentation a du bon. À moyen et long terme. À court terme, elle est plutôt catastrophique.

Gouverner, c'est vraiment prévoir ?

dimanche 1 juin 2008

Des agences, des agences, on fait des agences...

Au lendemain d'une grève de la fonction publique dont l'éducation nationale, le ministre de tutelle a annoncé vouloir créer une Agence Nationale de Remplacement (des enseignants). Cette annonce est passée assez inaperçue du public des médias, dissimulée qu'elle a été par l'annonce conjointe du ministre-chef de l'éducation nationale[1] de la mise en place du droit à l'accueil[2].

Un Agence Nationale de Remplacement, donc. Pour l'instant, cette mission est dévolue aux rectorats pour le second degré et aux inspections d'académies pour le premier, donc à des services décentralisés de l'état, ou, si l'on préfère, aux représentants du ministère dans les régions et départements.

L'agence en question sera une structure de planification et d'organisation nationale, dédiée à cette seule fonction : planifier les besoins prévisibles – congés maternité par exemple – et gérer au plus vite les absences. Lorsque nous manquerons ponctuellement de tel ou tel professeur, l'agence pourra solliciter des jeunes professeurs en fin de préparation, des stagiaires ou des élèves en fin de master[3].. Vous avez bien lu, planification et organisation nationale.

Le même jour, le même ministre veut s'attaquer aux enseignants sans classe[4] dont les Titulaires sur Zone de Remplacement (les TZR sont à peu près 50 000). C'est quoi ce bidule ? Ce sont tout simplement des enseignants, titulaires... remplaçants[5]. Oui, le ministère nomme des enseignants dont la mission est de remplacer les collègues empêchés de remplir leur mission.

Du coup, je me pose quelques questions[6] :

  • tout d'abord, il y a déjà des enseignants dont la mission est de remplacer ; leur gestion est calamiteuse : certains attendent en permanence que leur portable sonne alors qu'il y a des élèves sans profs sur leur zone, d'autres sont envoyés, 2 à 3 fois par semaine à plus de 100 km de leur résidence administrative[7]. Et si on commençait par améliorer cette gestion là ?
  • la gestion des remplacements n'est pas optimale[8] et elle est pourtant faite par une structure locale (les rectorats dans les académies et les inspections d'académie dans les départements) ; pourquoi n'arrivé-je pas à penser qu'une gestion centralisée nationale sera plus efficace ?
  • pourquoi faire appel à des non titulaires (jeunes profs en fin de formation, stagiaires, élèves (sic) en fin de master) alors qu'il y a des titulaires employés à temps parteil (et pas de leur propre volonté...) ?
  • vouloir remplacer les missions du rectorat, ne serait-ce pas une autre façon de dégraisser le mammouth, mmhh ??

Notes

[1] oui, il y a des ministres, en charge de ministères spécifiques plus un seul ministre-chef, en charge de tout, celui-là

[2] comme la mission de l'EN était l'accueil des enfants et leur gardiennage...

[3] on remarquera que, pour le ministre les étudiants en master sont des... élèves ! Consternant

[4] je reviendrais peut-être plus tard sur ce type d'enseignants

[5] il y a longtemps, on les appelait maîtres auxilliaires, puis ils sont devenus titulaires-remplaçants puis, comme l'appellation pouvait sembler oxymorique, ils sont devenus TZR

[6] oui, c'est le lieu...

[7] oui, je sais, il y a de nombreux métiers où les déplacements sont fréquents mais ceux qui les exercent le savent avant de prendre leurs fonctions

[8] c'est le moins qu'on puisse dire...